AMBRE, LA FÉE MARRAINE, ET TOUS LES AUTRES…

– Raconte-moi une histoire papa… juste une… s’il te plait…
 – D’accord, mais juste une, vraiment. Couche-toi, tiens toi sage, écoute…
et après… dodo.

Il était une fois un village inconnu du monde entier, dans une région inconnue du monde entier, et donc dans un pays inconnu du monde entier.
Tu pourrais regarder toutes les cartes de géographie du monde entier, je te mets au défi d’y trouver ce pays, cette région, ce village, et encore moins ses habitants.
Dans ce petit village, la majorité des gens était tout à fait normale et sans histoire, alors que d’autres étaient plutôt… comment dire… originaux. Oui, c’est cela, originaux, et certains plus que d’autres. Mais le plus curieux dans ce village, par ailleurs fort charmant, c’est que l’on entendait souvent des animaux parler, des fleurs ou des légumes discuter entre eux, des meubles parfois, ce qui, tu en conviendras, est particulièrement original, et même si je peux me permettre, vraiment bizarre. Mais les villageois, habitués à tous ces phénomènes n’y prêtaient plus vraiment attention, contrairement aux étrangers, égarés parfois dans ce coin perdu, et qui, tu le comprendras aisément, s’empressaient de s’en échapper rapidement quand une fleur ou un chien leur avaient sans crier gare, adressé la parole.

(  En y réfléchissant bien, c’était tout de même un curieux village. )

Je vais donc te raconter l’histoire d’Ambre, qui eut aussi deux autres prénoms, mais ça tu le sauras plus tard. C’est elle en effet qui fut vraiment la personne la plus bizarre de ce village, et qui sans conteste, s’il y avait eu un concours sur ce thème aurait remporté la palme d’or. Voici comment se sont déroulés les évènements.
Le jour de sa « naissance », sa maman, Griseline, se trouvait dans la cuisine pour préparer le repas de midi. Elle avait décidé de concocter un plat que son mari Jeannot…

Mais avant d’aller plus loin, je crois que je dois d’abord te présenter ce couple tout à fait charmant, et au demeurant pas bizarre du tout, mais qui ne s’attendait pas à une telle mésaventure.
Griseline était une petite femme rondelette dont son mari disait qu’elle était… confortable. Cette définition ne plaisait qu’à moitié à Griseline qui aurait préféré être un peu moins confortable et plus… mince. Mais c’était comme ça, elle avait un peu trop de tout, un peu partout, mais néanmoins ce tout était bien réparti et pas désagréable à regarder. Cette morphologie d’ailleurs, lui attirait toutes les sympathies parce qu’elle était d’un naturel charmant, toujours souriante et prête à rendre service, gentille avec tout le monde et toujours de bonne humeur. 

Son mari Jeannot, était tout son contraire physiquement. C’était un bonhomme long comme un jour sans pain et sec comme un coup de trique, mais heureusement, il avait également le caractère aimable de sa femme, ce qui faisait que ce couple était très apprécié de ses voisins et de tout le village.
Jeannot, à sa naissance, s’appelait Perlino, mais très vite, quand ses dents avaient commencé à pousser, ses deux incisives de devant s’étaient mises à pousser tellement vite que ses parents devaient les lui limer tous les quinze jours, ce qui n’était pas vraiment pratique, ni même agréable, mais il s’y fit très vite grâce à son joyeux et aimable caractère.
Très vite également, tout le monde l’appela Jeannot, vu sa grande ressemblance avec un lapin du même nom.

( Finalement, je ne sais pas ce que tu en penses, mais en parlant de Jeannot, je trouve qu’il était un tout petit peu bizarre quand même, parce que je ne connais pas beaucoup de gens qui soient obligés de se limer les dents tous les quinze jours. Peut-être d’ailleurs, aurait-il dû adopter la méthode des lapins et des ragondins et grignoter de temps en temps quelques quignons de pain bien durs, ou même carrément ronger un os, ce qui aurait sans doute était plus agréable que la lime, tu ne crois pas ?
Mais revenons à notre histoire… )

Ce couple charmant avait tout pour être heureux si ce n’était le fait qu’ils n’avaient jamais eu d’enfant. C’était une grande tristesse pour eux parce que les années passant, ils y croyaient de moins en moins, mais faisant contre mauvaise fortune bon cœur, et leur caractère aimable les y aidant, ils avaient fini tristement par se faire une raison.

Donc, Griseline, assise devant la table de la cuisine, son tablier sur les genoux, épluchait des oignons. Quand ce fut fini, elle les coupa en fins morceaux pour les faire dorer dans la poêle, et se leva de sa chaise.
C’est alors qu’elle se trouva nez à nez, ou face à face peu importe, avec une fée !
Bien que n’en ayant jamais vu auparavant, elle sut tout de suite que c’était une fée car cette soudaine apparition, qui plus est silencieuse, était une des particularités des fées qui aimaient bien surprendre les humains. De plus, cette Dame avait une longue robe bleue parsemée d’étoiles qui scintillaient au moindre de ses mouvements,  une baguette magique dans la main, et pour compléter l’ensemble elle était entourée d’un halo d’argent, ce qui ne laissait aucun doute possible sur ce qu’elle était, c’est-à-dire… une fée.

Stupéfaite, Griseline s’immobilisa mais resta silencieuse. Seule sa physionomie changea: ses sourcils se levèrent, ses yeux s’écarquillèrent, sa bouche forma un « Ô » de stupéfaction, et elle laissa tomber son épluche légumes sur les épluchures, qui dirent: « Aïe », ce qui n’étonna personne.
Reprenant ses esprits mais n’en croyant pas ses yeux, elle les frotta vigoureusement et se mit immédiatement à pleurer sans le vouloir, mais non sans raison. En effet, venant de peler des oignons, elle aurait dû s’en souvenir et prendre son tablier avant de se frotter les yeux, ça aurait été plus raisonnable et moins douloureux, mais dans ces circonstances étonnantes on peut lui pardonner sa distraction car ce n’est pas souvent qu’une fée entre dans votre cuisine, et qui plus est, sans s’annoncer.

Griseline se dandinait inconsciemment d’un pied sur l’autre, les larmes coulant involontairement sur son visage, et regardait la fée, attendant que celle-ci lui explique le pourquoi de sa présence.
Le silence, des deux côtés, ayant tendance à s’éterniser, l’atmosphère devenait légèrement pesante.
Alors Griseline s’adressa à la Fée:
 – Bonjour Madame la Fée, que me vaut l’honneur de votre visite dans mon humble chaumière ? dit-elle, en effectuant une petite révérence tout à fait charmante.

 ( Tu as remarqué que Griseline, bien que n’étant pas de noble naissance, savait comment se tenir devant une fée, et comment lui parler respectueusement. )

La Fée ne lui répondit pas tout de suite. Elle semblait, comme on dit vulgairement, être dans ses petits souliers. Elle ne tenait pas sa baguette magique comme le font toutes les fées, c’est-à-dire haut levée, l’étoile brandie vers le ciel, mais au contraire elle la tenait la tête en bas contre sa jolie robe bleue étoilée, et la balançait de gauche à droite avec un air embarrassé.
Griseline ne comprenait pas ce qui se passait. D’ordinaire les fées, même les Carabosse, ont plutôt un air triomphant, ce qui n’était vraiment pas le  cas de celle-ci.
Pendant quelques instant personne ne parla, puis, au moment où Griseline ouvrait la bouche, la Fée lui dit:
 – Ma bonne Griseline, je viens du Royaume des fées pour te parler en leur nom. Nous vous connaissons bien Jeannot et toi, et nous sommes vraiment désolées que vous n’ayez pas encore eu d’enfant, alors que vous le désirez depuis si longtemps… Ce n’est pas de votre faute et vous méritez plus que tout autre couple de voir enfin ce grand désir se réaliser.
Griseline rougit… pâlit… et s’affala sur la chaise qui poussa un gémissement: Pffouffff… 

( Tu te souviens que Griseline était un peu… bon, je ne vais pas insister sur ce détail un peu gênant. )

La Fée jouait avec sa baguette, regardant tantôt Griseline, tantôt ses pantoufles de vair.

( Depuis Cendrillon toutes les Fées ont des pantoufles de vair… Mais je te raconterai cela une autre fois ! ) 

Elle semblait hésiter à parler. Bref, elle n’avait pas l’air dans son assiette, ce qui troubla Griseline qui finalement prit la parole:
 – Que voulez-vous dire Madame la Fée ? Je n’ose comprendre, m’annonceriez-vous que Jeannot et moi allons avoir un enfant ?
 – C’est exactement ça, ma bonne Griseline, je vous ai apporté un enfant, dit la Fée soudain ragaillardie.
 – ???? …. Heu…. Je… Mais… Co… Comment est-ce possible ? bredouilla Griseline.
La Fée continua:
 – Va voir dans votre chambre, sur ton lit…
Mais elle n’eut pas le temps de terminer car Griseline s’était levée d’un bond et courait déjà vers sa chambre. La chaise fit… « oufff » et pendant quelques instants l’on n’entendit plus rien…
Puis Griseline revint, la mine défaite et pleurant cette fois-ci de vraies et chaudes larmes. Elle dit à la Fée:
 – Il n’y a pas de bébé sur le lit, Madame la Fée ! J’ai bien regardé, Il n’y a rien.
Elle avait de gros sanglots et hoquetait bruyamment. Elle continua:
 – Ce n’est pas bien Madame la Fée, de vous moquer de moi en me faisant croire que nous aurions un enfant apporté par vos soins. Non, ce n’est pas bien… c’est… c’est…cruel…
Et Griseline se laissa choir sur le fauteuil près de la cheminée. Celui-ci se retint de crier et surtout de s’effondrer sous le choc car il avait de la compassion pour le chagrin de Griseline, mais la cheminée éternua car des cendres s’étaient envolées pendant tout ce remue-ménage.

La Fée lui dit alors:
 – Tu as mal regardé Griseline, ou plutôt non, c’est de ma faute, je ne t’ai pas prévenue, ni donné ceci.
Elle tenait dans sa main un ravissant miroir de poche en métal doré, ou peut-être carrément en or, on ne sait jamais avec les fées, qu’elle tendit à Griseline.
 – Tu n’as pas trouvé ton bébé parce qu’il est invisible pour l’œil humain, mais tu peux voir son reflet dans ce miroir.

( Invisible ?…Contrairement aux vampires dont le reflet est invisible dans les miroirs, et c’est même à ça qu’on les reconnaît !… C’est curieux, non ? Tu te rends compte ? Il faut être une bien mauvaise fée pour imaginer une chose pareille ! Si je la tenais cette fée-là …
Mais attendons la suite, je suis certain qu’il doit-y avoir une explication, du moins je l’espère ! )

Devant la mine ahurie de Griseline, et on le serait à moins, la Fée continua:- Je t’explique ce qui s’est passé. Le Royaume a discuté longuement de votre problème, et devant votre profonde tristesse, toutes les fées étaient d’accord pour que votre vœu se réalise enfin.
La séance était terminée quand Mochéméchante, elle porte bien son nom cette peste, s’est avancée et a pris la parole:
 – Vous me faites bien rire avec votre gentillesse envers ces humains. Ils ne savent donc pas comment on fait des bébés ? Et bien moi, si je ne peux vous empêcher de leur apporter cet enfant, je peux le rendre invisible , et c’est ce qu’il sera… Invisible ! … Ha ha ha…
Et elle s’est envolée, laissant un nuage nauséabond derrière elle selon sa mauvaise habitude !
Nous étions sidérées par une telle méchanceté. Nous avons donc consulté nos grimoires et nous y avons trouvé une parade. Si nous ne pouvions pas effacer totalement cet horrible sort, nous pouvions néanmoins l’atténuer, et c’est ce que nous fîmes.
Votre enfant ne sera donc visible que dans les miroirs et j’en suis vraiment désolée, mais nous n’avons pas pu faire mieux, car Mochéméchante a des pouvoirs de nuisance très forts.
Je le sais, ça ne sera pas facile, ni pour vous ni pour elle… Ah !… Oui, je ne te l’ai pas dit, mais c’est une fille. Une ravissante petite fille qui deviendra une très belle jeune fille, je te le promets.

Griseline avait écouté la Fée sans bouger et sans réaction. Elle pleurait maintenant en silence, mais la cheminée ne cessait pas de tousser, la pendule se prenant pour le tocsin carillonnait à tout rompre, Pirate le perroquet ne cessait de répéter « tiens voilà du boudin, voilà du boudin », en regardant ostensiblement la Fée qui, heureusement, avait d’autres choses en tête et ne s’en offusqua pas. Fripounet le chat, plus discret, miaulait tristement, déchirant inconsciemment avec ses griffes son coussin favori sur lequel il se prélassait, Grospatouff le chien en faisait autant, enfin, je veux dire qu’il aboyait tristement, s’efforçant sans y parvenir à hurler comme un loup. Et même les oignons pleuraient. Bref, toute la cuisine était chamboulée et le faisait savoir.

La Fée n’en menait pas large, très triste et très contrariée de constater qu’elle avait bouleversé toute la maisonnée. Au bout d’un long moment, alors que la maison avait retrouvé plus ou moins son calme et attendait la suite, Griseline regardant la Fée, lui dit:
 – Madame la Fée, c’est un drôle de cadeau que vous venez de nous faire. Comment voulez-vous que nous nous occupions d’une enfant invisible ? Et même si nous la voyons dans ce miroir, qui entre parenthèse est bien minuscule, vous pensez que ce sera facile pour nous ? Facile de l’habiller ? Facile de la nourrir ? Facile de lui faire sa toilette ? Facile de la prendre dans nos bras, de l’embrasser, de la cajoler, de la soigner ?… Nous aurons toujours peur de la perdre, ou de lui faire du mal involontairement… Non, voyez-vous Madame la Fée, sans vouloir vous fâcher, je ne puis accepter ce cadeau. Et mon mari non plus, quand il saura.

( Personnellement je comprends Griseline. Tu te rends compte ? Une enfant invisible ! On aura tout vu… si j’ose dire…
Je continue. )

La Fée ne se démonta pas et lui répondit:
 – Je comprends tout ce que tu me dis ma bonne Griseline, mais tu n’as pas pensé qu’une fois habillée ta fille serait visible ? Bon, la seule chose c’est qu’on ne verrait que ses vêtements, et ce serait évidemment pour le moins étrange, mais avec des gants, des chaussures et une jolie perruque, à part le visage, tout le reste serait visible. Ton mari est un artiste, si je ne me trompe ? Il pourra donc lui confectionner un masque, qu’elle portera évidemment constamment, et finalement ce sera une petite fille presque comme toutes les autres.  Et le tour sera joué !
– Tu parles d’un tour, marmonna Griseline qui commençait à perdre patience, non sans raisons.D’ailleurs, après les explications de la fée, qui n’avaient satisfait personne, toute la cuisine manifestait de nouveau une mauvaise humeur grandissante et une hostilité envers la fée qui jugea le moment opportun de s’éclipser.
 – Je te laisse ma bonne Griseline, mais je reviendrai régulièrement pour prendre des nouvelles de ma filleule. Ah ! Je ne te l’avais pas dit ? Ta fille est ma filleule et je serai toujours à vos côtés pour vous aider en cas de problèmes… Et elle disparut comme elle était venue… Pour revenir aussitôt.
 – Comme je suis sotte, dit-elle… 
Dans la cuisine un murmure se fit entendre comme un écho: « sotte… sotte…sotte… »… C’était Pirate qui faisait clairement entendre son opinion sur cette drôle de fée, tandis que la chaise, le fauteuil et la table tapaient des pieds, que les assiettes et les couverts tressautaient sur le même rythme, que la pendue sonnait les heures sans raison et à l’envers, que le chat feulait (il aimait parfois se prendre pour un tigre), que le chien grognait toutes dents dehors. Bref, la cuisine entière manifestait une hostilité évidente à cette Fée qui avait apporté le malheur avec elle. Seule Griseline ne disait rien, mais elle pleurait toujours en silence.
La Fée attendit que le calme fût revenu et dit:
 – J’avais oublié de te dire que le jour de ses dix-huit ans, si un inconnu arrive dans le village et tombe amoureux de ta fille instantanément, et sans connaître sa particularité, le sort sera défait et elle deviendra enfin visible pour tout le monde… Mais à cette ultime condition qui est de ne jamais lui révéler ce secret, sinon elle resterait invisible pour toujours, car alors il n’y aurait jamais d’inconnu qui tomberait amoureux d’elle, et ta fille ne se marierait jamais, restant définitivement invisible. Je compte donc sur votre entière discrétion à tous les deux, car le bonheur futur de votre enfant en dépend.

Puis elle disparut à nouveau… Mais revint encore fois.
 – Décidément ma bonne Griseline, où ai-je la tête ? Ce petit miroir que je t’ai donné, il suffira que tu lui dises: « Mon beau miroir je veux voir mon enfant grandir » et il grandira avec elle. Ainsi vous pourrez la voir sans difficultés au fil des ans, du moins c’est ce que m’a dit la Fée Pulchérie, celle qui a un cœur gros comme ça et qui s’efforce toujours de réparer les méchancetés de Mochéméchante. Ce petit miroir qui grandit est une de ses dernières inventions. Bon, cette fois-ci il faut vraiment que je parte. Adieu ma bonne Griseline, n’oublie pas que tu peux m’appeler quand tu veux. Et sur ces mots elle disparut, et cette fois définitivement.
Du fond de la cuisine, une petite voix se fit entendre: « Bon débarras ! » C’était Verdeu, la souris, qui ne s’était pas encore manifestée.
Quand à Griseline, après tout ce qu’elle venait de vivre, elle en avait jusque –
là d’entendre la Fée l’appeler « Ma bonne Griseline », car même de la part d’une fée c’était vraiment trop condescendant, à la fin !

 ( Je suis bien d’accord avec elle ! )

Après tout ce qui venait de se passer tu peux imaginer la stupeur dans la cuisine, qui reprit vie petit à petit. Fripounet le chat vint se frotter sur les genoux de Griseline en ronronnant très fort, Gropatouff le chien lui sauta au cou en jappant comme un chiot et faillit la faire tomber, et dans la cheminée, le feu à moitié éteint se mit à ronfler de plus belle.
Bref, toute la cuisine se remettait doucement de ce qui venait de se passer.

Quand Jeannot rentra de sa journée de travail, Griseline lui raconta l’histoire bizarre qu’elle avait vécue en son absence. Elle eut d’ailleurs beaucoup de mal à aller jusqu’au bout parce que toute la cuisine en effervescence voulait parler en même temps et cela faisait un tel tapage que Jeannot dut imposer le silence en faisant sa grosse voix.
Le calme revenu, il put enfin entendre l’histoire, et quand il comprit qu’il était papa, il se précipita dans la chambre… et revint tout déconfit, comme Griseline l’avait fait avant lui.
Il consentit donc à s’asseoir comme le lui demandait sa femme, et écouta sagement la fin des évènements.
Contrairement à Griseline, il était pleinement heureux d’être papa et ne semblait pas se soucier de tous les obstacles qu’ils devraient surmonter au cours des ans. Seules ses deux dents se mirent à pousser intempestivement, et il dût les limer sur le champ, sous peine de blesser sa lèvre inférieure. Ce qu’il redoutait car c’était assez douloureux.
Il était donc temps pour eux d’utiliser le petit miroir s’ils voulaient faire connaissance avec leur bébé, et c’est ce qu’ils firent.

Bien sûr, ce ne fut pas facile de découvrir ce joli poupon sur le grand lit avec ce petit miroir. Ils firent donc très attention de ne pas l’écraser en le cherchant, et quand ils le découvrirent, ils s’émerveillèrent chacun à leur tour devant sa beauté ! J’ai bien dit chacun à leur tour à cause du miroir bien trop petit pour leur permettre de regarder ensemble leur enfant.
C’était le plus joli bébé que l’on ait jamais vu dans tout le village !
Elle paraissait avoir quatre ou cinq mois. Ses cheveux blonds, dorés et bouclés entouraient un visage d’angelot. Ses yeux couleur d’ambre, avec une pointe d’or par-ci par là, étaient extraordinairement beaux et expressifs. Son petit nez, à peine retroussé, lui donnait un petit air attendrissant et espiègle. Quant à sa bouche, elle était à elle seule une oeuvre d’art. Imagine une délicate petite cerise vermeille qui découvrait lorsqu’elle souriait, des quenottes blanches comme du lait et une langue rose bonbon qui donnait immédiatement envie de l’embrasser.

( A quatre ou cinq mois, avoir déjà toutes ses dents… C’est un peu… mais bon, c’est un conte de fées alors on ne va pas chipoter ! )

Au tout début, ses parents ont vécu des moments bien difficiles avant de trouver comment s’y prendre avec elle et ils ont peut-être regretté pendant quelques jours la venue de  ce bébé si curieux. Mais cela ne dura pas, parce que très vite ils l’entourèrent d’un amour inconditionnel et l’enfant fut heureuse et choyée comme n’importe quelle autre enfant.
Elle semblait avoir un joyeux caractère car elle gazouillait constamment, riant et gigotant d’aise devant les câlineries et les papouilles de ses parents qui, après quelques minutes de tâtonnements, s’étaient empressés de la langer. Ne restaient que le visage et les menottes mais Jeannot confectionna rapidement un joli petit masque, et Griseline enveloppa ses mignonnes petites mains dans un joli tissu rose à fleurs quelle avait trouvé dans un tiroir de la commode, ce qui permit de palier rapidement à tous ces inconvénients. 

Mais très vite ils rappelèrent la Fée Marraine pour lui dire que ce petit miroir n’était vraiment pas pratique et qu’il fallait qu’elle trouve d’urgence une solution à ce problème.
La Fée réfléchit quelques minutes, puis un sourire illumina son visage. – J’ai trouvé ! dit-elle.
Elle prit le miroir des mains de Griseline et se dirigea vers la chambre de l’enfant, suivie par les parents intrigués. Après une incantation que je ne peux te traduire, ne parlant pas la langue des fées, et sur un air triomphant, elle s’écria, les bras écartés:
– Tadaaaaaaa ! Ce qui voulait dire: Alors, qu’est-ce que vous en dites, ça vous plaît ?
Griseline et Jeannot étaient émerveillés de ce qu’ils voyaient. Un magnifique miroir en pied, appelé miroir psyché, était apparu au milieu de la chambre. Il était en bois doré, garni d’adorables angelots sur les côtés et, le plus étonnant, orné tout en haut, d’une sculpture qui représentait le visage du bébé ! C’était tout simplement magnifique ! Ils s’apprêtaient à remercier la Fée quand celle-ci leur dit:
 – Ce miroir va grandir en même temps que votre fille… Non, je m’exprime mal, je veux dire que le portrait de l’enfant va grandir et se transformer en même temps qu’elle au fil des jours et des années, mais ce n’est pas tout. Vous avez remarqué que le visage n’est pas centré ? C’est parce qu’il y a une place réservée pour son futur époux. Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit au sujet de ses dix-huit ans ? Quand elle aura trouvé le jeune homme qui l’aimera instantanément sans connaître sa particularité, son visage apparaîtra à côté de celui d’Ambre, et le sort sera définitivement rompu. Il ne restera plus que le souvenir de cette fâcheuse histoire, et tout se terminera bien comme dans tous les contes de fées. 

Quand le problème du miroir fut réglé, la vie de l’enfant et de ses parents put enfin commencer plus ou moins normalement, du moins le crurent-ils, car si Jeannot créait constamment de nouveaux masques ravissants qui  représentaient trait pour trait le visage de l’enfant, cela devenait fastidieux et lui prenait beaucoup de temps  sur son travail, car la petite grandissait très vite. Alors, au bout de quelques semaines, ils appelèrent de nouveau sa marraine la Fée. Celle-ci comprit la situation et jeta un bon sort au dernier masque qui se mit à grandir tout seul, reproduisant jour après jour tous les changements qui s’opéraient dans ce charmant visage, ce qui rendit la vie plus facile à Jeannot ainsi qu’à la petite qui n’avait plus à subir les fastidieuses séances d’essayage.
Il faut que je te parle de ce masque. On ne savait pas vraiment en quoi il était fait, mais il imitait à la perfection la peau délicate du bébé, si bien que très rapidement tout le monde s’y habitua et l’on n’y fit plus attention.

Tant qu’elle fut un adorable bébé, on la prénomma Ambre à cause de ses magnifiques yeux mordorés. Quand elle commença à parler et à marcher, elle changea rapidement de prénom. On l’appela alors Angèle, par rapport aux Anges dont la réputation de sagesse n’est plus à faire, et qui de surcroît sont invisibles par nature, car ce fut en effet une adorable petite fille qui méritait bien son prénom tant elle était mignonne.
Mais dès qu’elle fut en âge de comprendre le don qu’elle possédait, elle changea, et se mit à faire des niches à tout le monde, ni par méchanceté ou malinerie, mais par espièglerie et taquinerie. Qui pourrait l’en blâmer, avec cette invisibilité qui lui permettait toutes les farces dont elle ne se priva pas pendant cette courte période. Et c’est à partir de ce moment qu’on l’appela Scarlett, nom dont personne ne savait l’origine, car aucune femme ne s’appelait ainsi. C’était un joli prénom qui lui allait parfaitement, d’autant que cette gamine était la plus malicieuse, la plus coquine, la plus futée de toutes les petites filles qui vécurent dans ce pays.

( Heu !…Moi je me doute un peu de cette raison mais je n’insiste pas… Tara, Le vent, Taratata… Mais bien sûr tu es trop jeune, tu ne peux pas comprendre. )

Il fallut du temps aux habitants pour se familiariser avec cette petite fille si   étonnante. Aux toutes premières heures de son arrivée, pour la voir les voisins devaient se servir du petit miroir, mais ce n’était pas facile, aussi furent-ils très contents quand la petite fut vêtue et le masque posé sur son ravissant visage, mais surtout quand la psyché leur permit de la voir intégralement sans avoir besoin de se contorsionner.
Dès lors ils s’habituèrent vite à elle et l’aimèrent  beaucoup, s’ingéniant à la protéger, même si, en grandissant, elle leur faisait souvent tournebouler la tête.

L’école était son terrain de prédilection pour ses facéties. Elle arrivait dans la cour sans crier gare, tantôt avec une main visible et l’autre pas parce qu’il lui manquait un gant, ou alors sans chaussures, tantôt sans masque ni bonnet, ce qui alors effrayait les plus jeunes. A la cantine aussi elle s’amusait à ôter son masque et à manger, laissant voir la nourriture tourner dans ses joues invisibles pendant qu’elle la mastiquait, puis disparaître dans son col en une bouillie peu ragoûtante. Pour la boisson, c’était pareil mais c’était plus drôle, parce que le liquide disparaissait sitôt absorbé, et cela réjouissait les plus petits. Mais ce qu’ils aimaient surtout quand elle ôtait ses gants, c’était de voir les objets se déplacer tout seuls, car pour eux c’était comme s’ils étaient au spectacle.
Il lui est même arrivé une fois d’aller à l’école sans vêtements, ses parents ne s’en étant aperçus qu’après qu’elle fut sortie. C’est alors que le petit miroir qui grandissait à la demande, redevint fort utile pour la retrouver, car la coquine se cachait et s’en amusait beaucoup. Mais elle ne le fit qu’une fois quand elle comprit la peine qu’elle avait fait à Griseline.
Peu à peu, les choses se calmèrent, et Scarlett redevint Ambre et même, quand elle avait été particulièrement sage et gentille, quelques-un l’appelaient encore  Angèle.

Quand elle eut atteint ses quinze ans, elle était devenue une ravissante jeune fille. Elle était aimable, studieuse, obéissante, serviable, toujours de bonne humeur comme ses parents, et surtout tellement belle, que tout le monde l’aimait… Peut-être que certains jeunes gens l’aimaient un peu plus qu’ils n’auraient dû, mais elle n’était pas encore intéressée par eux et ne faisait aucune différence entre les filles et les garçons.
Ses parents étaient comblés par cette enfant qui leur donnait autant de satisfactions, et surtout autant d’amour.
Ils n’avaient eu que peu d’occasions de rappeler la Fée Marraine, mais celle-ci leur rendait visite de temps en temps pour voir si tout se passait bien. Elle aussi aimait beaucoup Ambre, et ne manquait jamais de lui apporter quelques petits cadeaux lors de ses visites, ce qui réjouissait toujours la jeune fille.
Son portrait sur la psyché évoluait en même temps qu’elle, comme l’avait annoncé la Fée, mais la place vide à ses côtés l’intriguait beaucoup. Malgré les questions de plus en plus précises qu’elle posait à ses parents, ceux-ci n’y répondaient jamais clairement, et devant leur embarras elle finissait toujours par changer de sujet, à leur grand soulagement.

Quelques jours avant le dix-huitième anniversaire d’Ambre, Griseline, assise devant la table de la cuisine, son tablier sur les genoux, épluchait des oignons. Quand ce fut fini, elle les coupa en fins morceaux pour les faire dorer dans la poêle, et se leva de sa chaise.
C’est alors qu’elle se trouva nez à nez avec la Fée Marraine et comme d’habitude elle sursauta, car malgré le grand nombre de fois où cela s’était produit elle ne s’était jamais habituée à ses brusques apparitions.
Dans la cuisine aucune manifestation, les objets et les animaux n’y prenaient plus garde et avaient appris à apprécier cette Fée qui avait apporté le bonheur dans la maison.
| – Bonjour Griseline, dit la Fée Marraine, je pense que tu te doutes de la raison pour laquelle je viens te rendre visite ? …

( Depuis le temps, la Fée n’appelait plus Griseline « Ma bonne Griseline », à la grande satisfaction de celle-ci. ) 

Le temps arrive où Ambre aura bientôt dix-huit ans. Tu te souviens de ce que je vous avais dit quand je vous ai confié ce joli bébé ?
Griseline acquiesça et la Fée continua:
 – Dans peu de temps, le jeune homme qui doit tomber amoureux d’Ambre va venir dans le village. Il ne se doute absolument pas de ce qui va se passer, pas plus qu’Ambre ne s’en doute si vous avez bien respecté le silence sur ce sujet, comme je vous l’avais fortement recommandé il y a longtemps. C’est le bien le cas, n’est-ce pas ?
Griseline commençait à trembler, à se dandiner maladroitement d’un pied sur l’autre, à pâlir, et finalement elle s’effondra sur le fauteuil qui cette fois ne réagit pas. L’heure était grave. Ambre allait bientôt quitter ses parents pour suivre son mari et cela brisait le cœur de Griseline. Cette enfant avait comblé la vie de ses parents, ils avaient été si heureux, si fiers d’elle, et le moment arrivait où elle allait disparaître de leur vie. Ils se retrouveraient alors seuls, définitivement seuls, et pour toujours.
Reprenant ses esprits, inconsciemment elle se frotta les yeux où perlaient déjà quelques larmes, et se mit immédiatement à pleurer. En effet, venant de peler des oignons, elle aurait dû s’en souvenir et prendre son tablier avant de se frotter les yeux, ça aurait été plus raisonnable et moins douloureux…

( STOP ! … Nous avons déjà vécu cette scène ou je me trompe ? C’est curieux, non, cet impression de déjà lu !
Je continue… )

Griseline ne pouvait pas parler tant son émotion était forte. De grosses larmes coulaient de ses yeux mais pas seulement à cause des oignons, et c’est d’un triste hochement de tête qu’elle acquiesça.
Fripounet sauta sur ses genoux et s’y installa confortablement. Griseline le caressa inconsciemment et Fripounet, regardant la Fée de ses yeux turquoise, se mit à ronronner. Visiblement il attendait la suite pour réagir.
Grospatouff en fit autant… Je veux dire que lui aussi attendait. D’ailleurs, toute la cuisine attendait en silence, même Pirate. Le seul bruit venait des sanglots de Griseline.
La Fée comprenant son émotion lui dit:
 – Mais ne t’en fais donc pas autant ma bonne Griseline… 

( Allons bon, voilà que ça la reprenait ! ) 

Vous n’allez pas perdre Ambre, bien au contraire, vous allez gagner un fils !  – Gagner un fils ? Dit Griseline qui reprenant espoir, venait de retrouver sa voix.
 – Mais bien sûr voyons ! Quand Ambre et son amoureux seront mariés, vous aurez deux enfants, et comme elle ne sera plus invisible, la vie vous sera plus belle, plus facile, et surtout plus normale.
 – Facile ? Répondit Griseline, je ne le crois pas vraiment, parce que ce jeune homme, venu je ne sais d’où, une fois marié il voudra retourner dans son pays et il emmènera Ambre. Alors nous nous retrouverons seuls.
Et elle pleura de plus belle.

Dans la cuisine, ça commençait à bouger sérieusement, alors la Fée ajouta:
 – Qui te dit que ce jeune homme voudra retourner d’où il vient ? Peut-être trouvera-t-il le village à son goût et donc peut-être voudra-t-il y rester, tu ne peux pas le savoir à l’avance. Et puis, c’est le bonheur de ta fille qui est en jeu, il ne faut pas que vous y mettiez obstacle. Allons Griseline, laisse faire le temps et attends de voir ce qui se passera… Je suis certaine que vous y trouverez votre compte tous les trois, Ambre, Jeannot et toi.
Je reviendrais quand ce jeune homme sera là, et au besoin je l’aiderai dans sa décision, si nécessaire. Et elle disparut comme elle était venue…
Pour revenir aussitôt.
 – Décidément, dit-elle, je perds un peu la tête, j’ai oublié de te dire que c’est pendant le bal des dix huit ans que ce jeune homme rencontrera Ambre, qu’il tombera amoureux d’elle, et que le charme sera rompu définitivement. Bien entendu, tu te doutes qu’il faudra que tout cela arrive avant minuit, car c’est toujours comme ça que ça se passe dans les histoires de fées…
Mais ne t’inquiète pas, tout se passera bien et vous n’aurez plus longtemps à attendre pour que tout rentre dans l’ordre.
Sur ces mots, avant de disparaître et sans doute pour consoler Griseline et lui épargner de faire la cuisine dans l’état de tristesse où elle se trouvait, elle fit apparaitre sur la table un délicieux repas dont tout le monde se régala, y compris les animaux.
Jeannot consola et rassura Griseline. Il était plutôt de l’avis de la Fée et ne voulait pas se faire de souci avant que cela ne soit nécessaire, surtout que lorsque ça lui arrivait, ses dents poussaient trop vite, et il supportait de moins en moins bien ce problème.

Le jour des dix huit ans de la jeune fille avançait à grands pas, et Griseline voulait qu’elle soit parée de la plus belle robe pour cet évènement.
Elle se mit donc à chercher des tissus et en trouva de magnifiques. Elle cousait toute la journée et jusque tard dans la nuit, sans prendre de repos.
Connaissant les goûts de sa fille, elle avait choisi un tissu argent moiré pour la jupe. A chaque mouvement, le tissu changeait, semblant s’animer d’une vie propre. C’était impressionnant. Elle était ornée de pierres de petite taille, pour ne pas trop l’alourdir, mais qui, bien que n’étant pas précieuses n’en étaient pas moins magnifiques. De la taille jusqu’au bas de la robe, elles dessinaient des rubans qui se croisaient, s’entremêlaient, renvoyant des éclats lumineux et multicolores qui enchantaient les regards. Il n’y avait aucune plume d’oiseau, bien que cela aurait été fort joli, les oiseaux multicolores étant nombreux, mais le village ne chassait pas. Pourquoi l’aurait-il fait puisque tout le monde était végétarien ? 

( Aujourd’hui on pourrait dire végan, mais ça ne changerait rien à la chose. ) 

Les habitants se nourrissaient de plantes, de graines, de fruits et de baies sauvages et, s’ils avaient bien quelques vaches, brebis et chèvres, c’était uniquement pour leur lait dont ils faisaient d’excellents fromages, ainsi qu’un beurre qui avait un délicieux goût de noisette. Des poules leur fournissaient les oeufs dont ils faisaient de merveilleux gâteaux, ajoutés à une farine de seigle, de noix, de châtaignes ou d’aubépines, et elles vivaient une vie tranquille en toute liberté, jusqu’à leur mort. 

( Ne cherche pas à savoir comment ces animaux se reproduisaient, étant donné qu’il n’y avait que des femelles, je ne peux pas te renseigner. La seule chose que je peux te dire, c’est que tu es dans un conte de fées et que tout est permis, y compris l’impossible !
Mais revenons à cette robe, nous en étions à la jupe, je crois. )

Le corsage, dont l’encolure montait jusque sous le menton, masque oblige, en une délicate corolle de fleurs roses et bleues, avait des manches mi-longues, rejointes par de longs gants d’argent. Le tout était constitué d’un immense bouquet de fleurs de toutes les couleurs, ce qui était un enchantement pour les yeux. Griseline avait conclu un marché avec toutes ces fleurs, qui lui avaient promis de rester fraîches depuis la confection de la robe jusqu’à la fin du bal, et même quelques jours après, contre sa promesse de semer autant de graines de fleurs qu’elle en avait cueillies.
De plus, les fleurs avaient décidé, en cadeau d’anniversaire, de fredonner très doucement un petit air de musique douce, qui accompagnerait Ambre, où qu’elle se trouve. Bien entendu, quand elle danserait, la musique s’arrêterait, mais reprendrait aussitôt quand elle se reposerait. C’était un délicat cadeau qui avait beaucoup ému Griseline.
Cette robe était donc une œuvre d’art qui n’attendait plus qu’Ambre pour être accomplie.
Oh! J’allais oublier les ravissantes chaussures en zibeline, 

( Ou plutôt en imitation zibeline… tu comprends pourquoi… )

Quand la robe fut enfin terminée, Ambre l’essaya devant toute la maisonnée. Jeannot en resta bouche bée, et tous furent éblouis. Fripounet ronronna très fort, signe chez lui d’une grande émotion, Gropatouff se tut, mais il bavait sans s’en rendre compte, signe chez lui également d’une grande émotion, Pirate bredouillait, ne parvenant plus à aligner les mots correctement, et Verdeu, trouvant que d’en bas elle ne voyait pas assez bien, profitant que personne ne s’occupait d’elle grimpa sur la table.
Un grand silence se fit. Ambre quand à elle, était toute rose d’émotion et s’admirait devant le grand miroir, virevoltant, tapant des mains, regardant cette robe de tous les côtés, riant et chantonnant, heureuse de voir son reflet. C’était sa première robe longue et c’était donc un grand évènement, mais bien  que très heureuse, tout au fond d’elle-même elle regrettait encore plus d’être invisible et souhaitait plus fort que jamais d’être comme tout le monde. Elle ne s’était jamais plainte à ses parents mais elle souffrait de cette différence tellement invalidante. Elle ne montra donc pas son chagrin et remercia avec maints câlins et baisers sa chère maman d‘avoir confectionné pour elle une si belle robe. On la rangea dans l’armoire et tout le monde attendit ce jour de fête qui promettait d’être grandiose.

Ambre ne tenait plus en place, mais elle n’était pas la seule à être impatiente. Toute la maison l’était. Fripounet faisait ses griffes partout, et s’excusait auprès de Griseline quand elle le surprenait. Ce n’était pas de sa faute, il ne savait pas comment soulager son impatience autrement.
Gropatouff tournait autour de sa queue continuellement, sauf quand, ayant le tournis, il s’affalait sur le sol… jusqu’à ce que, se sentant mieux, il recommence son manège.
Quant à Pirate, il avait entrepris d’apprendre à compter les jours pour savoir combien il en restait avant le bal, mais il se trompait tout le temps et repartait de zéro, ce qui exaspérait Verdeu qui savait compter couramment. 
Griseline, la robe terminée, ne pouvant plus s’occuper, se réfugiait très souvent dans sa chambre, ne sachant plus vraiment si elle était contente ou si elle était angoissée en pensant à ce qui allait arriver.
Et je ne parle pas de la table, des chaises, du fauteuil, des couverts et de Verdeu, qui, chacun à sa manière, montraient leur nervosité et leur impatience.
Seul Jeannot attendait paisiblement le déroulement des évènements. Il craignait pour ses dents…

Le jour tant attendu arriva enfin !
Dès le matin, le temps était superbe ! Le soleil semblait s’être réveillé de bonne humeur et même plus tôt que d’habitude, ce qui était un bon présage.
Toute la maison était en effervescence. Le petit déjeuner fut expédié vite fait bien fait, le déjeuner aussi, et l’après-midi fut toute entière consacrée à Ambre, à sa robe et à sa coiffure.
Le bal devait commencer à vingt heures, ce qui lui laissait tout le temps pour être fin prête.
Griseline n’arrêtait pas de reprendre un pli par-ci, une rose, un iris par-là, ce qui énervait un peu Ambre, mais elle se taisait gentiment, comprenant la nervosité de sa mère.
Ses parents assisteraient au bal eux aussi, ils devaient donc se préparer. Ce fut vite fait, car il était convenu que pour ce bal, seules les jeunes filles qui fêtaient leurs dix-huit ans devaient avoir une nouvelle robe pour l’occasion. Pour tous les autres participants, jeunes gens, jeunes filles ou parents, ils s’habillaient comme ils l’entendaient, ce qui satisfaisait tout le monde.
Enfin, l’heure de se rendre au bal arriva. La nervosité se lisait sur tous les visages sauf sur celui d’Ambre, qui semblait tout à coup apaisée et sereine, car porter un masque étant obligatoire pour assister à ce bal, pour une fois elle serait comme toute le monde, sans distinction, hormis le fait que son visage, contrairement aux autres jeunes filles, serait visible, puisqu’il était en effet impensable d’ajouter un masque au sien.
Griseline avait voulu le décorer, mais Ambre s’y étant opposée, elle n’insista pas.

La salle de bal était merveilleusement décorée et brillait de mille feux. Toutes les jeunes filles avaient des robes plus magnifiques les unes que les autres, de toutes les couleurs, de toutes les formes, et il était bien difficile de choisir, mais sans conteste celle d’Ambre était vraiment la plus belle.
Les jeunes filles étaient timides, et les jeunes garçons ne l’étaient pas moins
Certains avaient dix-huit ans, mais d’autres étaient plus âgés et ce n’était pas leur premier bal.
Le bal devait être ouvert par le Roi avec une jeune fille choisie par lui, et toutes redoutaient, autant qu’elles le désiraient, d’être l’heureuse élue.

Et le bal commença.

Qui crois-tu qui fut choisie ? … Ambre bien sûr ! Elle était la plus jolie, c’était une évidence, sa robe était la plus belle, et même son masque sans ornement était le plus beau de tous puisqu’il représentait simplement son visage, qui était d’une merveilleuse beauté.
Le roi la fit valser, puis un jeune homme, puis un autre, et plein d’autres encore l’invitèrent. Elle ne manqua pas une seule danse et s’amusa beaucoup. 

Mais pendant ce temps, Griseline et Jeannot étaient de plus en plus inquiets car le temps passait vite et aucun inconnu n’était apparu.

Et voilà que les cloches du village commencèrent à sonner minuit.
Dong… dong… dong…
Les parents ne respiraient plus tandis qu’Ambre valsait, valsait, et s’amusait.

Dong… dong… dong…
Griseline avait les larmes aux yeux, et Jeannot n’en menait pas large. Ils se tenaient la main, et parfois Jeannot serrait un peu trop fort. Griseline alors poussait un petit cri plaintif et aussitôt Jeannot desserrait son étreinte.

Dong… Dong… Dong…
Jeannot sortit son mouchoir et s’apprêtait à le donner à Griseline, mais il arrêta son geste brusquement et regarda vers la porte de la salle de bal qui venait de s’ouvrir. Griseline porta son regard dans la même direction, et cessa de respirer pendant un court instant.
Un jeune homme inconnu venait d’entrer. Il s’arrêta…

Dong…
Il regarda autour de lui les couples qui dansaient, puis il s’immobilisa…

Dong…
Et se dirigea rapidement vers Ambre, qui ne l’avait pas vu venir et continuait à danser. Il l’enleva à son cavalier qui ne protesta pas, tellement il fut surpris, pas plus qu’Ambre bien plus surprise encore, et sans un mot il l’enlaça et la fit valser.
Le clocher prit du retard sur le dernier Dong, semblant attendre quelque chose.
Le jeune homme s’arrêta de danser brusquement et, se penchant vers le cou délicat d’Ambre, lui murmura:
 – Je vous aime et je vous connais depuis toujours.

DONGGGGG…
Le dernier coup de minuit sonna avec une force inouïe, au point que l’on aurait dit que la cloche allait se décrocher.
Et devant l’assemblée médusée, le masque d’Ambre, lentement… s’envola  et disparut en une fine poussière dorée, dénudant enfin son ravissant visage.
Ambre, incrédule, touchait ses joues, son nez, enlevait ses gants, ôtait même ses chaussures en relevant un peu sa robe, et s’émerveillait de constater qu’elle se voyait en chair et en os, pour la première fois.  

Un grand silence se fit, vite troublé par les cris d’admiration et de joie de toute l’assistance en liesse qui venait d’assister à ce merveilleux évènement.
Ambre aima immédiatement son bel amoureux, mais si sa déclaration l’avait émue, elle était encore plus troublée par ce qu’il avait ajouté. Comment pouvait-il la connaître depuis toujours? Eperdument épris, celui-ci lui tenait la main, la regardant avec une admiration sans bornes.
Il se pencha alors vers Ambre et lui demanda où étaient ses parents car il voulait, si elle y consentait, leur demander sa main. Emue, ravie et bien sûr consentante, elle le mena vers eux.
Il s’inclina respectueusement et leur dit:
 – Madame, Monsieur, je viens d’un village pas très loin du vôtre, mais je me suis perdu. Depuis quelques semaines, j’erre dans les environs sans jamais avancer ni reculer. J’avais l’impression de tourner en rond, et j’étais persuadé d’être victime d’un sort, mais sans savoir s’il était bon ou mauvais. Et puis, il y a quelques instants, un sentier que je n’avais encore jamais remarqué est apparu. Je l’ai emprunté et très vite, votre village est sorti des brumes dans lesquelles il était sans doute englouti car je ne l’avais jamais vu. J’ai remarqué ce palais en premier car il était illuminé, et j’ai entendu la musique et les rires. Rassuré et curieux, je suis entré.
Et là, quelques secondes ont suffi pour je découvre votre sublime fille que j’ai reconnue sur-le-champ, car c’est elle que j’aime depuis très longtemps sans l’avoir jamais vue mais qui hante mes jours et mes nuits. C’était une évidence, je ne pouvais pas me tromper. Je l’ai invitée à danser, et je lui ai dit que je l’aimais. Elle m’a répondu qu’elle éprouvait le même sentiment à mon égard, alors je lui ai demandé si elle voulait m’épouser. Elle y a consenti immédiatement. Voilà pourquoi je viens vous demander la main de votre fille, et j’espère que vous me l’accorderez pour notre plus grand bonheur à tous les deux.
Imagine la joie et l’émotion de Griseline et Jeannot ! La prédiction de la Fée Marraine s’était accomplie dans les temps, libérant Ambre du mauvais sort jeté par la Fée Mochéméchante. Elle allait enfin être une jeune fille comme les autres, et vivre une vie normale et heureuse avec son amoureux.
Mais le jeune homme ne s’étant pas nommé, Jeannot le lui fit gentiment remarquer:
 – Comment vous appelez-vous jeune homme, et d’où venez-vous ? Vous comprendrez je pense que nous sommes curieux de vous connaitre un peu mieux.
Le jeune homme leur répondit simplement:
 – Je m’appelle Léonard et j’habite dans une région pas si lointaine, et dans un village qui ressemble beaucoup au vôtre.
Mon père est peintre et je le suis également. Mais si lui est spécialiste des paysages, moi ce sont les portraits qui m’attirent. J’ai réalisé les portraits de presque tous les habitants de mon village, y compris ceux de la Reine et du Roi.
Quand je suis entrée dans ce bal, vous avez peut-être remarqué ma réaction quand j’ai aperçu votre fille ? C’était tout à fait normal, parce que cela fait des années que je peins son portrait.
Léonard sortit une miniature de sa poche et la tendit à Jeannot.
Celui-ci la prit, la regarda et, en silence, la tendit à Griseline qui poussa un léger cri, et la tendit à Ambre.
Celle-ci, n’en crut pas ses yeux. La miniature la représentait trait pour trait, même le masque était visible !
 – Mon atelier est rempli de portraits de votre fille, bien que je ne l’aie jamais vue et que je n’ai jamais compris pourquoi ce visage masqué me hantait à ce point. A force de le peindre j’en suis tombé amoureux et c’est en vain que je l’ai recherché parmi les jeunes filles de mon village. C’est pourquoi, il y a quelques semaines, poussé par un désir venu je ne sais d’où, j’ai voulu trouver cette jeune fille. J’ai donc quitté mes parents et mon village, et la suite vous la connaissez. 

Griseline et Jeannot n’osaient pas parler du sort qui avait rendu Ambre invisible, car devant tout ce monde c’était un peu gênant, quoi que finalement, tout le village connaissait l’histoire.
Ils préférèrent donc emmener Léonard chez eux pour discuter plus tranquillement,  et lui montrèrent le grand miroir.
Ambre fut très étonnée d’y découvrir le portrait de Léonard à côté du sien, et Léonard ne fut pas moins étonné d’y voir son portrait, contrairement à Griseline et Jeannot qui étaient désormais certains que Léonard était l’heureux élu.

Griseline semblait attendre quelque chose, et au bout de peu de temps, elle fut rassurée de voir la Fée Marraine apparaître dans la cuisine où ils s’étaient tous attablés pour boire un bol de punch. Elle lui en proposa un mais la Fée refusa, disant qu’elle ne buvait jamais d’alcool, mais qu’elle boirait volontiers un chocolat chaud.
Léonard, curieusement, n’avait pas été surpris quand la Fée était apparue, et d’ailleurs celle-ci l’embrassa très affectueusement.
Devant les airs étonnés des parents et d’Ambre, la Fée Marraine prit la parole:
 – Il y a longtemps que je connais les parents de Léonard et je suis également sa marraine. C’est moi qui lui ai envoyé en pensées le visage d’Ambre pour qu’il le dessine et le redessine, jusqu’à en devenir amoureux. Je craignais trop la méchanceté de Mochéméchante et j’ai préféré déjouer ses mauvais plans en choisissant le futur amoureux moi-même, et garder un œil sur lui. Je vois que désormais, plus rien ne s’oppose au bonheur de ces deux enfants et j’en suis ravie.
Je vous laisse, si vous avez besoin de moi je serai toujours là pour vous. Soyez heureux. Et elle disparut….
Pour revenir aussitôt:
 – J’espère que je serais invitée au mariage…Et elle disparut définitivement… Jusqu‘à la prochaine fois.

Voilà, tout se termine bien. Il n’était pas prince mais il était charmant et amoureux, et l’on peut enfin dire la phrase magique… ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

FIN

 ( – Alors, elle t’as plu mon histoire, ma Puce ?… Mais ?… Quoi ?… Tu dors ?… Ça alors !… Je te racontes une histoire, que j’invente en plus, et tu n’attends même pas la fin ? Merci Mademoiselle, ça m’apprendra à satisfaire à tous tes caprices. Désormais tu auras beau me supplier de te raconter une histoire avant d’éteindre la lumière, ce sera tintin ! Plus d’histoire. Tu t’adresseras à ta mère, si elle le veut bien… Non mais ! )

Et le père, attendri, regarde sa jolie petite fille endormie, remonte ses couvertures sur ses épaules, caresse tendrement sa joue, l’embrasse sur le front et lui murmure: bonne nuit mon Ange, bonne nuit, Ambre…

Mijo

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13 réflexions sur « AMBRE, LA FÉE MARRAINE, ET TOUS LES AUTRES… »

  1. Quelle merveilleuse histoire si bien contée…on suit le déroulement comme si on faisait part entière de ce conte…. tout est si bien décrit – cette robe on l’imagine, créée par la personne qui adore les fleurs colorées et sait les mélanger afin de former le plus bel ensemble… Les parents, tellement attachants dans leur délicieuse simplicité et puis, ne l’oublions pas, cette fée/marraine comme chacune d’entre nous aimerait en avoir une !! Bravo Mijo, pour ce bon moment que j’ai passée à te lire.. je me suis sentie devenir enfant émerveillée, moi aussi.

  2. Au pays des contes de fées c’est toi la marraine qui d’un coup de crayon magique nous emmène dans un autre monde et nous replonge dans l’enfance.
    A ta naissance une bonne fée a du se pencher sur ton berceau pour te transmettre ce don, bravo l’artiste !
    Elle se lit avec plaisir ton histoire, légère comme une plume elle se déroule tout en douceur, on vit avec Ambre, on espère avec ses Parents, on tremble au 12ème Dong…mais Ouf tout se termine bien !
    J’ai adoré ton clin d’œil à Scarlett et à Tara.

  3. Voilà un joli conte dans ce village imaginaire. On aimerait redevenir petit mais. Impossible de m’en dormir avant de connaître la fin qui se termine bien. J’ai passé un bon moment agréable en compagnie d’ambre et ses parents….
    Alors avec impatience j’attends une prochaine nouvelle….

  4. Bonjour chère Mijo ♡ très jolie histoire, très bien racontée. Merci . Mais je tiens quand même à te dire que non on ne peut pas dire que les habitants soient vegans, par contre iels sont bien végétariens.
    Et je n’aime pas la fin, mais peut-être car je ne l’ai pas compris à sa juste valeur. Je me dis que c’est bien dommage que l’amour du jeune homme ne soit que parce qu’il est ensorcelé par la fée. Je m’attendais à une chute plus percutante. Le pauvre a été ensorcelé et n’est qu’une victime de la fée qui lui a un peu forcé la main.
    Mais jadore l’humour du père qui raconte l’histoire à son enfant.
    Plus j’écris plus je me rends compte que je n’aime pas vraiment les contes en fait. J’aime l’univers magique et féerique de l’histoire mais ce genre d’histoire me laisse de marbre.
    Mais ce qui est sûr c’est que tu as un talent pour l’écriture et ce n’est pas le seul que tu aies.
    Gros bisouS

  5. J’ai retrouvé mon âme d’enfant en lisant ton hitoire.
    Le papi que je suis mettra peut-être à profit ton histoire pour
    la raconter à mes petits-enfants.
    Le papi que je suis a reconnu une personne bavarde qui part pour te raconter
    une histoire et qui ne peux pas s’empêcher de raconter des petits détails.
    Ses disgressions sont néanmoins savoureuses.
    L’ensemble se tient et est agréable à lire.
    C’est vrai qu’à la fin la lecture s’accélère car on a hâte d’avoir l’heureux dénouement 🙂
    Je vais ajouter le lien sur le site « Flickr Croque Nature » dans le fil de discussions « Des mots lit ! »
    https://www.flickr.com/groups/joellisahttpwwwflickrcomphotos/discuss/
    Je n’ai relevé qu’une coquille avec pendu(l)e.
    Bises

  6. Mijo, ton joli conte m’a transporté dans le pays imaginaire, très très loin. Avec les descriptions des personnages, animaux, choses, végétations, tu es une fée de création. Je me suis laissé aller à la lecture de ton texte avec régal.
    Bravo l’artiste

  7. Merci Mijo de m’ avoir proposé cette lecture magique….si bien écrite….comme tu l’ as mentionné, elle nous fait oublier quelques instants le monde actuel si dur dans lequel nous vivons..et ça fait du bien. Tu pourrais demander aux fées de la Paix de se manifester un peu …non ? j’ aime aussi ton humour, BRAVO et gros bisous
    Christiane

  8. Merci Mijo pour cette merveilleuse histoire qui m’a ravie ! J’ai été transportée dans ce petit village bizarre où j’ai suivi avec un grand intérêt la vie de ce couple …. J’ai été un peu déçue que la fée ait « conditionné » le jeune amoureux, mais ainsi va la vie, dans les contes de fées ! Grâce à toi, j’ai retrouvé mon enfance et je vais faire profiter mes petits enfants de ce beau conte… Bravo Bisous

  9. Voilà une histoire qui nous ramène à notre enfance où l’on se délectait d’histoires magiques de princes et de princesses vêtus de somptueuses tenues qui nous faisaient rêver du coup de foudre et de l’amour éternel
    Merci pour ces descriptions fantastiques

  10. Salut Mijo,
    Ben moi… heu… comment dire… non pas vraiment, non…
    Personne ne m’a lu de conte.
    Un village inconnu visité par des étrangers c’est aussi plausible qu’un type qui serait né sans que sa mère n’est connu d’homme, qui peux croire cela. LOL
    J’ai certainement perdu mon âme d’enfant, désolé.
    Bises.

  11. Un moment d’évasion narré avec humour et poésie.
    Pendant un instant, on a oublié les maux de la terre sans toutefois occulter que le mal existe dans le monde des fées.
    Voilà la preuve incontestable de l’imparfait de notre création, car même le Créateur de l’humanité qui est, dans le même temps, celui des fées, n’a pas su éviter le mal, donc le monde parfait.
    J’ai aimé dans ton récit, la simplicité du couple, de leur environnement parlant, la drôlerie de leurs dialogue, surtout celui des sièges, un peu moins la distraction de la fée qui mettait mal à l’aise la mère et j’ai apprécié la sagesse du père.
    Quant à l’enfant, le meilleur passage a été pour moi, celui où elle se découvre visible qui a bien été décrit. Concernant « le prince charmant », je n’ai pas été surpris qu’il ait été par la fée.
    Voilà mon sentiment Mijo.
    Bises

  12. Coucou Mijo
    Voici une belle histoire comme tu sais si bien les écrire. Je n’ai pas de petits enfants pour la leur lire, mais ce n’est pas grave! J’ai adoré! Bises

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