Bas-relief et souvenirs

Bonjour,

A l’exposition du Salon du Petit format, de Pont-Audemer, j’ai présenté un bas-relief.
Il m’a été inspiré par une photo de moi petite fille.
J’avais environ cinq ans.
Nous habitions à Alger, aux deux Moulins, plus précisément.
il y avait un ensemble de rochers qui formaient comme une cuvette, et que l’on appelait…la cuvette, tout bêtement.
Nous habitions au-dessus de ces rochers, et c’est là que j’ai appris à nager.
Papa avait tendu une corde entre les deux rochers, et je pouvais ainsi aller de l’un à l’autre sans problème, et m’amuser à regarder les petits poissons prisonniers des trous d’eau, les crevettes et autres arapèdes.
Le bassin n’était pas très large mais il suffisait à mon bonheur.
J’avais l’impression de savoir nager et j’en étais très fière.
Il n’y avait bien sûr pas pied, mais l’eau était très claire et l’on y voyait comme dans une baignoire.
Les fonds étaient splendides, très colorés, et j’aimais beaucoup les regarder.
J’ai joué à faire semblant de nager pendant pas mal de temps, en me lâchant quelque fois pendant quelques secondes pour faire quelques brasses désordonnées, et me rattrapant très rapidement à la corde quand il m’arrivait de boire la tasse parce que je faisais le clown.
Ça m’est arrivé très souvent.
Mais ça ne m’a pas découragée.
Et un jour, je me suis lâchée, et, peut-être étais-je plus calme que les autres fois, en tout cas j’ai nagé vraiment quelques secondes.
J’étais tellement surprise, et fière de moi, que j’ai crié: “Maman, maman, je nage…..et glou glou glou…
Evidemment, mes cris et mon excitation m’ont fait oublier de faire mes mouvements, et j’ai bu une tasse carabinée, ou plutôt un grand grand bol de mer bien salée.
La corde, alors, s’est révélée très efficace, parce que j’ai pu la rattraper et reprendre mon souffle rapidement.
En tout cas, je savais nager.
Et papa a pu enlever la corde.
Donc, cette photo a été prise sur ces rochers, un soir, en contre jour, par mon oncle Henri.
Curieusement, je n’ai aucun souvenir de la prise de vue.
Mais j’ai toujours aimé cette photo, surtout parce qu’elle me rappelle notre séjour la-bas, où je vivais comme une petite sauvage, libre, avec la Méditerranée comme “terrain de jeux”, les plages sur lesquelles nous cherchions et trouvions, des perles rocailles, qui provenaient des couronnes mortuaires jetées à l’eau quand un marin mourait en mer.
Une de mes grandes déceptions, quand nous sommes rentrés en France, c’est de ne plus trouver de perles dans le sables des plages de Dinard et de ses environs.
Mais le plus désagréable a été la première fois que je suis arrivée sur la plage, après deux ans sans voir la mer.
Celle-ci était à marée basse, et très loin!
Je n’y ai ai rien compris.
Que se passait-il?
Où était la mer?
( C’était du Devos avant l’heure ).
Et quand elle est revenue, les rouleaux puissants, qui m’empêchaient de nager tranquillement et me faisait continuellement boire la tasse, m’ont complètement dégoûtée.
J’ai mis longtemps à m’y faire, mais bon, j’aimais tellement nager, à l’époque…
Voilà, tous ces souvenirs, bons ou mauvais, je les ai mis dans ce bas-relief.
Il est évident que personne d’autre que moi ne verra tout ce que je vois dans cette sculpture, mais si quelques personnes s’évadent un instant devant cette petite fille qui dit bonsoir au soleil, je n’aurais pas tout à fait perdu mon temps.
Bonsoir Soleil.

Au revoir, à bientôt,

Mijo

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